Chronique du friday 24 december 2010
Assis sur ma chaise, mes jambes tremblent, mes doigts claquent, ce n'est pas à cause du dernier film d'horreur que je viens de voir, mais bien grâce au nouvel EP de Christophe Dupin.
On comprend dès le début qu'il souhaite nous emmener faire un voyage dans les sixties.
La première chanson, "Be bop rock 'n' roll", bouge pas mal.
D'entrée de jeu, il nous envoie dans les oreilles un son qui, à première vue n'est pas de notre génération, mais qui est lié à tellement de sentiments, d'odeurs, de goûts, d'images, qu'on ne peut s'empêcher de rêver. Hop, on choisit une cavalière et on danse le rock 'n' roll.
Après cette courte danse, il nous laisse un temps pour nous reposer. Un slow arrive dans son costume deux pièces. Là aussi Christophe Dupin nous comble. Cette chanson me rappelle une scène d'un film que j'aie vu il y a de cela quelques années, je ne me souviens plus du titre mais l'ambiance y est. Une salle de spectacle, des gens, un groupe et un gars au milieu qui chante ses douloureuses aventures sentimentales pendant que d'autres en profite pour tripoter les charmantes hanches d'une demoiselle à couette habillé d'un haut blanc et d'une simple mini-jupe. Tout est mini dans notre vie chantait l'homme au cigare. Oh Caroline chante l'homme à la guitare.
La scène est finie, place au titre suivant qui est sans aucun doute le titre phare de cet EP : "Rock 'n' roll tonight. On imagine qu'il eût été composé et écrit dans la même optique que "Be bop rock 'n' roll", mais qui pourtant n'envoie pas le même message. Le chant est ici peut-être plus appuyé, mais en tout cas c'est surtout la mélodie que l'on retient et qui reste dans la tête un bon moment.
On ne bouge pas, on reste debout et on essaye de retrouver une cavalière. Les musiciens jouent les premières notes de "Dis le moi" et on se dit : "Tiens, mais je le connais cet air !".
Evidemment qu'on le connaît puisqu'il n'est pas sans rappeler l'air de "Daniela", la fameuse chanson des Chaussettes noires. Faute de cavalière, on se trouve un coin de table près d'un canapé rouge. On observe, on se laisse observer puis on ferme les yeux. La route est dégagée, le ciel est bleu, un panneau indique "Historic Oklahoma US 66 Route". Le vent est doux, la température aussi. On tourne la tête, on croit apercevoir le King, mais plus on avance plus la route se disperse. On est réveillé par un copain qui croyait bien faire. Qu'importe puisque la chanson est déjà terminée.
On sent que la fin de soirée approche et que l'on va rentrer seul à la maison, alors on regarde autour de nous. Une petite brunette visiblement timide est, elle aussi seule dans son coin.
Alors, on se lance et on l'invite à danser sur cette ultime chanson. Il s'avère que la demoiselle qui n'était pas subtile avec les garçons dansait merveilleusement bien.
Elle dispersait autour d'elle un doux parfum qui faisait que je me sentais de mieux en mieux seconde après seconde, je ne voulais pas que la chanson se termine. Mais comme on dit les bonnes choses ont une fin, le chanteur après avoir remercié ses musiciens délaissa le micro.
Des histoires comme celle là on aimerai pouvoir en vivre plus souvent et c'est grâce à des artistes comme Christophe Dupin que lorsque l'on écoute un album, une chanson, nous sommes immédiatement emmenés dans un univers propre à l'artiste, à l'album. Grâce à lui et aux autres le rock 'n' roll n'a aucun soucis à se faire, même si les radios ont décidé de ne plus le diffuser, on sait qu'il existe, on sait que s'ils ont veut l'écouter et vivre une histoire, il est là et ne bougera pas. Le rock ne serait rien sans le King, le rock ne serait rien sans le rock 'n' roll.
Cet EP, qui transpire du son des Forbans, de Jessé Garon, des Chaussettes noires, de Chuck Berry, du King entre autres, oscille entre amour, passion, rock et trahison.
Christophe Dupin a réussi en 2010 à s'imposer avec un style qui a plus d'un demi siècle et qui fait toujours autant rêver.
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