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Les Fils de Joie

Toulouse [France]

Biographie


Label : Pop Sisters Records

En 1982, Adieu Paris, le premier 45 Tours auto-produit par Les Fils de Joie, allait devenir un hymne des radios libres et résonner comme le manifeste d’une génération hexagonale sans idéal, «sans futur» et forcément Rock’n’Roll mais qui tenait pour la première fois à s’exprimer en français.

Formé à Toulouse fin 1978, le trio punk de lycéens débutants, qui reprenait les Ramones à chacun de ses concerts, se transforme en trois ans en un quatuor «post-punk» d’une grande fertilité musicale, qui impose son style grâce à quelques atouts :
* La précocité technique exceptionnelle du batteur, Alain de Joie. Il est le pilier rythmique du groupe. Gaucher subtil et redoutable au caractère bien trempé, surnommé «Captain», Alain est le McEnroe du rock Français.
* La créativité et le talent de songwriter d’Olivier de Joie qui possédait un sens mélodique pop, inné, quasi anglo-saxon. Passionné par les Ramones, Olivier s’enferme des heures avec sa guitare dans sa chambre à Rangueil, pour écrire et composer.
* L’éclectisme et la curiosité de Daniel de Joie. Fan de musique noire et de Soul, Daniel avait gravé Holland-Dozier-Holland sur sa basse. Il ne cesse d’enrichir les influences et le son du groupe. La reprise de «Havana Affair» en version Ska était son idée (Le riff de basse-guitare est d’Olivier), l’ajout du Saxophone sur «Adieu Paris» aussi.
* La complicité d’écriture entre Olivier et Pascal Jouxtel. Un temps chanteur, Pascal restera proche du groupe. Cette proximité se traduit par un soin particulier apporté aux textes. Parfois nostalgiques, voire poétiques, ils sont souvent au second degré et teintés d’humour noir. L’univers des Fils de Joie est fait d’histoires cruelles où les personnages sont souvent en décalage avec leur environnement. Le thème de l’isolement et de la différence revient constamment à travers des situations, réelles ou imaginaires, sans concession pour la nature humaine.
* Enfin, Chris de Joie, est un techno-geek avant l’heure. Bassiste au début puis second guitariste, il s’épanouit aux claviers après l’arrivée de Daniel, élargissant le son du groupe.
* Pour le Saxophone, Les Fils font parfois appel à Christophe Jouxtel. Peintre, prof d’arts plastiques et grand frère de Pascal, Christophe a plus d’un tour dans son sac. Il réalise les pochettes des deux premiers singles («Adieu Paris» et «Tonton Macoute») et finalise le logo au requin à partir des croquis du groupe. En 1983, lors d’une tournée, Les Fils de Joie jouent « Chez Bill » à Riec-sur-Bélon et repèrent le saxophoniste du groupe de première partie. Dès le lendemain à Rennes, où Les Fils jouent aux cotés de Marc Seberg, Marc Gourmelen devient Marc de Joie.

Entre deux concerts dans les bars ou les amphis du coin, les Fils de Joie écument les studios de la cité rouge et noire. Fin 1979, ils font le tour des maisons de disques avec leur reprise Ska géniale de « Havana affair» et l’un de leurs premiers morceaux originaux, «Harry». Ce titre, au texte décalé et à la mélodie digne des Ramones, recèle un des meilleurs chorus de guitare de l’histoire du punk rock. Autant dire que les réactions sont unanimes : Ils se font jeter de partout … Pourtant, leurs morceaux circulent déjà sur des cassettes : «Seul à Noël», «Même les petites filles me jettent de Pierres», «Un bâton de rouge pour Greta» … Dès 1981, on les entend sur les premières Radios Libres puis on les retrouve sur la «Compilation Ephémère»* (Radio FMR, 1983), une des toutes premières du genre, avec «Le Requin Vert» et «Les plaisirs chers».

Entre-temps, leur 45T auto-produit avec «Adieu Paris» a été pressé à 2000 exemplaires (1982). Ils vendent tout et rêvent de devenir célèbres. En réalité, aucun plan de carrière sérieux n’est en place. Ils n’ont pas de manager et se contentent de répondre aux invitations pour aller jouer un peu partout. Paris et le Rose Bonbon les accueillent en présence d’Alain Maneval qui devient fan du groupe, encense «Adieu Paris» et donnera le coup de pouce nécessaire pour faire signer les Fils de Joie chez Phonogram.

On ne fait pas du rock par hasard. Les Fils de Joie sont jeunes, écorchés vifs et impulsifs. Malgré une notoriété grandissante, Alain quitte le groupe fin 1982, à la fin d’un concert au Grand-Parc de Bordeaux. On ne le reverra plus. Dorian Chaillou arrive d’Angoulême et le remplace. La suite est bancale. Malgré la sortie de 5 titres chez Phonogram (un EP et deux 45T) et le support d’un manager (Jean-Marc Besson), le ressort se casse. Le groupe vit mal la perte de contrôle artistique imposé par la major et l’entente se fissure.

ADIEU LES FILS
Daniel s’en va à son tour en 1984, à l’issue de la session d’enregistrement de «Tonton Macoute», «Havana affair» (leur V3) et «Voici le jour» (un titre qu’il a lui-même composé). David Trouffier le remplace pour une rythmique 100% Made in Angoulême. Après une dernière tournée en 1985, le groupe se sépare avant-même la sortie d’un album prévu pour 1986.

Chris, Dorian et David partent sur d’autres projets musicaux. Olivier et Marc vont s’enfermer à Landévennec, au fond de la rade de Brest, pour écrire durant l’hiver. Au printemps, ils squattent le studio de Radio-Libération à Montmartre et enregistrent de nombreuses maquettes avec de nouveaux ou d’anciens titres, dont quelques perles : «Nous ne dansons plus la nuit», «Le Bon Dieu n’a pas voulu de moi», «Allongé sur la dune», … mais rien n’y fait. L’aventure Phonogram a laissé des traces. Ils n’y croient plus et n’iront pas plus loin.

Les choses auraient pu en rester là. C’était sans compter sur les amis qui ont gardé les traces du passé. Dans les années 2000, les bandes, les cassettes, les vinyles sont digitalisés et Internet voit ressurgir d’anciens morceaux des Fils de Joie. Les fans se souviennent. En 2020, Olivier de Joie, qui s’est remis à écrire, profite du confinement pour commencer à compiler les titres pour une anthologie** (deux premiers volumes sont accessible sur les plateformes de streaming).

Et voilà qu’en 2022, Le label toulousain POP SISTERS RECORDS décide de reprendre l’histoire là où elle s’est arrêtée, d’aller puiser dans le réservoir des auto-produits et de réunir 12 titres marquants, représentatifs de l’esprit et du talent des Fils de Joie, pour sortir enfin cet album en version vinyle : NOUS NE DANSONS PLUS LA NUIT
Voilà de quoi combler le vide de 1986 et de fêter dignement les 40 ans de la sortie d’Adieu Paris.

*Les Fils de Joie sont présents sur les compilations suivantes :
«Ephémère» avec «Le Requin vert», «Les plaisirs chers», «Green onions» version live (Radio FMR, Vinyle, 1983)
«Des jeunes gens modernes» Vol.1 avec «Adieu Paris» version auto-produite (Naïve, CD, 2009)
«Des jeunes gens modernes» Vol.2 avec «Les plaisirs chers» (Born Bad Records, CD, 2015)

**Certains titres des fils de Joie ont été publiés en streaming en 2020 sur 2 volumes d’une anthologie encore incomplète :
«Arrête-ça c’est trop bon» (10 titres 1979-1982)
«Anthologie des idées noires» (13 titres 1982-1986)

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Membres

Olivier de Joie : Chanteur Guitariste






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